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Les marchés de potiers : comment ils fonctionnent, côté exposant et côté visiteur

Se former & exercer · · Publié le 2026-10-27

Panneau routier provisoire annonçant un marché des potiers au bord d'une route départementale
Panneau annonçant un marché des potiers au bord d'une route départementale, mai 2021. Photographie de Benoît Prieur, CC0.

Chaque printemps et chaque été, des dizaines de villages et de villes accueillent un marché de potiers : des stands alignés sous les platanes ou dans une halle, des céramistes venus de toute la France, des visiteurs qui repartent avec un bol enveloppé dans du papier journal. Pour beaucoup d'ateliers, ces marchés sont la principale source de vente. Voici comment ils fonctionnent, qui les organise, et comment en profiter, que l'on expose ou que l'on achète.

Une tradition récente, née dans les années 1970

Les foires où l'on vendait de la poterie utilitaire existent depuis toujours. Le marché de potiers au sens actuel, qui réunit des céramistes d'atelier autour de leur production, est plus récent. Selon ses organisateurs, c'est à Bussière-Badil, en Dordogne, qu'un groupe d'anciens élèves des Arts décoratifs de Strasbourg, parmi lesquels un habitant du village, a créé en 1977 la première « Foire des Potiers », présentée comme le premier marché de potiers organisé en France. Rebaptisé depuis « Marché céramique », l'événement se tient chaque année le week-end de l'Ascension. Sa 49e édition a eu lieu du 14 au 17 mai 2026, avec quarante-quatre céramistes, une entrée libre, un atelier de modelage ouvert à tous et des projections de films sur la céramique, selon l'office de tourisme de la Dordogne.

Le modèle s'est ensuite diffusé dans toute la France, porté par la génération de céramistes installés à la campagne dans les années 1970 et 1980, et par des villages de tradition potière qui y ont vu un moyen de faire revivre leur histoire.

Qui organise les marchés

Les marchés sont souvent organisés par des associations de céramistes, qui défendent une certaine idée du métier et sélectionnent leurs exposants. Deux exemples dans le Sud-Ouest :

D'autres marchés sont portés par des communes, des comités des fêtes ou des musées : le musée Bernard-Palissy, au hameau de Saint-Avit (Lot-et-Garonne), accueille ainsi chaque été une fête potière, avec trente-cinq céramistes annoncés les 8 et 9 août 2026. Nous présentons ce lieu dans notre article sur Bernard Palissy.

Côté exposant : candidater et préparer son stand

  1. Repérer les marchés. Les associations publient leurs calendriers et leurs appels à candidatures, souvent dès l'automne pour la saison suivante. Le bouche-à-oreille entre céramistes et les revues professionnelles complètent ces listes.
  2. Constituer un dossier. La plupart des marchés sélectifs demandent des photographies récentes des pièces et du stand, une présentation de l'atelier et des techniques, et un justificatif d'immatriculation. Certains précisent qu'ils n'acceptent que des pièces fabriquées par l'exposant, sans revente.
  3. Être en règle. Immatriculation de l'activité, assurance responsabilité civile, et pour la vaisselle, respect des règles du contact alimentaire : voir notre article sur vendre de la vaisselle artisanale. Le cadre d'exercice lui-même est détaillé dans notre article sur le statut de céramiste.
  4. Payer le droit de place. Les marchés demandent une participation, forfaitaire ou au mètre linéaire, parfois une adhésion à l'association organisatrice.
  5. Préparer le stand. Tables stables, nappes, présentoirs, abri contre la pluie et le soleil, éclairage pour les halles, emballages, moyen de paiement par carte, étiquettes de prix lisibles.

Un marché représente un investissement : préparation des pièces pendant l'hiver, transport, deux ou trois jours de présence, frais d'hébergement. Les céramistes qui en vivent choisissent leurs marchés selon la fréquentation, le public visé et la cohérence avec leur travail.

Côté visiteur : bien acheter

Le calendrier

La saison des marchés s'étend du printemps à l'automne, avec un pic de l'Ascension à la fin de l'été. Les marchés de Noël, en salle, prolongent la saison pour certains ateliers. Les dates changent d'une année à l'autre : les sites des associations organisatrices et des offices de tourisme sont les sources à consulter avant de se déplacer. Les Journées européennes des métiers d'art, au printemps, sont une autre occasion de rencontrer des céramistes, cette fois dans leurs ateliers.

Sources